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été obligé de cesser tout à fait son travail; la faiblesse musculaire est si grande, qu’il ne peut marcher plus de dix minutes sans éprouver une grande fatigue; il ressent un anéantissement complet de toutes ses forces; à aucune époque, il n’a ressenti dans les membres, ni douleurs, ni fourmillements, ni crampes; il a parfaitement conscience du sol sur lequel il marche.

Le 20 février, Gaget est prise d’un vomissement bilieux dont il ne peut saisir la cause; et le 6 avril, un second vomissement de même nature survient; il n’en conserve pas moins l’appétit, et il mange aussi bien qu’auparavant.

Les nuits sont bonnes; le malade trouve même qu’il dort trop; dans la journée, il est souvent pris d’envies irrésistibles de dormir; il est un peu somnolent; malgré cela, sa mémoire est bien conservée, et Gaget n’accuse aucunes symptômes que l’on puisse rapporter à un trouble quelconque de l’intelligence; il n’éprouve et n’a jamais éprouvé de céphalalgie. La vue est bonne; il en est de même des autres sens, tels que ceux de l’ouïe et de l’odorat.

A peu près vers l’époque où eut lieu le premier vomissement, Gaget ressentit une douleur sourde, continue, siégant dans les deux hypochondres, au niveau de l’extrémité antérieure de la douzième côte; le malade nous indique lui-même ce point. Malheureusement, il ne peut nous dire si la douleur a précédé le vomissement, ou bien si elle l’a suivi. Quoi qu’il en soit, cette douleur n’augmente ni par la pression, ni par la marche; mais elle augmente, d’après le dire du malade, quand il vient à se coucher, soit sur le côté gauche, soit sur le côté droit. En outre, cette douleur s’est montrée peu à peu, et depuis trois semaines environ elle reste stationnaire.

Le malade, voyant ses forces diminuer ainsi de jour en jour, ne pouvant plus travailler pour subvenir à ses besoins, se décide à venir à l’hôpital où il est admis le 8 avril.

A son entrée, on trouve ce jeune homme ayant toutes les apparences d’une constitution un peu délabrée. Son teint est fortement coloré; cette coloration est d’un brun verdâtre très-prononcé, se rapprochant de cette coloration que l’on désigne sous le nom de bistre. Elle est presque généralisée sur tout le corps, mais elle ne se présente pas avec une teinte uniforme. En effet, très-vive à la figure, elle l’est moins sur quelques parties, telles que la face antérieure du tronc, la partie postérieure des cuisses et des jambes, la face dorsal du pied; dans d’autres parties, au contraire, telles que la face interne et antérieure du membre supérieur, la région dorsale et lombaire, la face interne des cuisses et des jambes, la coloration

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